
Tsahal recense 90 000 réfractaires au service militaire sur fond de crise de la conscription
Le général de brigade Shay Taib, chef de la division Planification et ressources humaines de la Direction des ressources humaines de Tsahal, a révélé que l'armée israélienne se dirige vers 90 000 réfractaires au service militaire. La déclaration intervient alors que la Knesset examine un projet de loi visant à geler les arrestations d'étudiants de yeshiva.
« Nous observons des chiffres extrêmement élevés de non-coopération, en route vers 90 000 insoumis », a déclaré le général Taib. L'ampleur du phénomène se mesure concrètement : sur 70 000 hommes haredim éligibles, les 10 000 convocations envoyées le mois dernier n'ont produit que 205 engagements effectifs.
Le général Taib a pris position contre le gel des mesures coercitives envisagé par la coalition. « Cette loi ajoute-t-elle des personnes demain matin ? La réponse est non. Suspendre les mesures d'exécution ne fera pas venir des recrues demain matin. » Il a également défendu le principe d'égalité devant la loi de conscription : « Il n'est pas possible qu'un groupe soumis à la loi sur le service de sécurité ne se voie appliquer aucune mesure coercitive, tandis qu'un autre y est soumis. »
Le responsable militaire a détaillé les 4 leviers qui conditionnent le recrutement selon lui : les ajustements opérés par l'armée, la motivation des recrues, les sanctions et l'application de la loi. « Les outils d'exécution font partie de notre capacité à remplir les rangs des recrues », a-t-il affirmé. « L'application de la loi fait partie de notre capacité à mettre en œuvre la loi sur le service de sécurité. »
Le débat parlementaire porte sur le statut des étudiants ultraorthodoxes au regard du service militaire obligatoire, une question qui fracture la coalition gouvernementale depuis l'élargissement des opérations à Gaza. Sur les 70 000 hommes haredim en âge de servir, le taux d'enrôlement effectif reste inférieur à 0,3 % des convocations émises le mois dernier.


