
Le Hezbollah rejette l'accord signé à Washington et menace d'intensifier ses opérations
Le 27 juin 2026, Israël et le Liban ont signé à Washington un cadre tripartite sous l'égide des États-Unis, qualifié de « premier pas » vers la paix par le secrétaire d'État Marco Rubio. Le Hezbollah l'a aussitôt déclaré invalide, invoquant à la place le mémorandum signé entre l'Iran et Washington. Cette double réaction révèle une fracture politique profonde au Liban : d'un côté un camp sunnite qui voit dans l'accord une chance historique de restaurer la souveraineté de l'État, de l'autre une organisation terroriste qui refuse de reconnaître un texte négocié sans elle, et en reporte la légitimité sur Téhéran, sans Beyrouth.
Le Hezbollah n'a jamais accepté le processus de Washington. Dès avril 2026, Naïm Qassem avait déclaré que l'organisation n'honorerait aucun accord issu de ces négociations. Le 4 juin, il avait qualifié un précédent texte d'« absurde, humiliant et insultant », ajoutant que l'exigence de retrait du sud-Liban équivalait à une reddition, selon le Council on Foreign Relations.
Le 27 juin, sa position se durcit sur un point nouveau : l'accord n'est pas seulement inacceptable sur le fond, il est structurellement « invalide », et c'est le mémorandum irano-américain qui doit s'appliquer à la place. Ce déplacement est significatif : Qassem ne conteste plus seulement le contenu, il en conteste la source de légitimité, en subordonnant la politique libanaise à un texte négocié par Téhéran, sans Beyrouth.
Le député du Hezbollah Hussein al-Hajj Hassan a été encore plus direct : « Ce n'est pas un accord. C'est une reddition. Nous ne reconnaissons pas cet accord. Il ne sera pas mis en œuvre. » Le député Hassan Fadlallah est allé plus loin, avertissant selon Arab News que les autorités libanaises ne pourraient appliquer l'accord qu'en « allant à la guerre civile ».
En face, la réaction du camp sunnite tranche. Le député Fouad Makhzoumi a salué l'accord en termes historiques : « Pour la première fois dans l'histoire du Liban, le Liban et Israël ont signé un cadre tripartite officiel, sous l'égide et avec la participation des États-Unis. » Il a évoqué « la fin de l'existence des armes du Hezbollah et de toutes les milices », et célébré Washington comme « partenaire stratégique fiable ».
Les Émirats arabes unis ont également accueilli le texte favorablement, Anwar Gargash le décrivant comme « un pas positif important vers la restauration de la pleine souveraineté de l'État libanais ».
Cette fracture entre sunnites favorables et Hezbollah opposé recoupe une ligne de tension ancienne. Elle prend une dimension nouvelle depuis qu'en avril 2026, le président libanais Joseph Aoun avait accusé le Hezbollah de « trahison » pour être entré dans la guerre contre Israël sans consulter l'État. L'accord du 27 juin donne à cette rivalité une forme institutionnelle inédite : pour la première fois, un texte signé par le gouvernement libanais engage explicitement le désarmement des groupes terroristes.
Selon Asharq Al-Awsat, le cadre signé prévoit la création d'un « Military Coordination Group for Lebanon » tripartite, une aide humanitaire immédiate de 100 millions de dollars, et une feuille de route vers le retrait israélien couplé au déploiement de l'armée libanaise au sud. Rubio a décrit Washington comme garant du processus.
Netanyahou a posé sa condition publiquement : Israël resterait dans la zone de sécurité au sud-Liban « tant que le Hezbollah n'est pas désarmé ». Le désarmement du Hezbollah est précisément ce que Qassem rejette depuis le début des négociations, ayant déclaré en avril que l'organisation ne céderait pas ses armes.


