
La Syrie d'Ahmed al-Charaa déjoue une contrebande d'armes vers le Hezbollah
Les autorités syriennes ont saisi un important chargement d'armes du Hezbollah à la frontière irako-syrienne, révélant la persistance des filières d'approvisionnement iraniennes malgré le changement de régime à Damas.
Les photos publiées montrent des dizaines de drones explosifs, dont des modèles guidés par fibre optique, ainsi que des ogives de type tandem conçues pour percer les blindages renforcés. Parmi l'arsenal saisi figurent également plusieurs missiles antichar de fabrication iranienne, le missile Almas, une copie iranienne du système israélien Spike.
La découverte la plus révélatrice concerne la date de fabrication gravée sur l'un des missiles Almas : le projectile a été produit en 2026. Ce détail confirme que l'Iran n'a pas interrompu ses livraisons au Hezbollah après la chute de Bachar al-Assad et l'arrivée au pouvoir d'Ahmed al-Charaa. Les réseaux de contrebande transitant par l'Irak continuent d'acheminer vers le Liban des systèmes parmi les plus avancés de l'arsenal des Gardiens de la Révolution.
L'Almas est particulièrement significatif : capable de détruire des chars modernes grâce à sa double charge, il représente une menace directe pour les blindés de Tsahal. La version iranienne reproduit les performances du Spike, missile développé par Rafael Advanced Defense Systems et exporté par Israël à plusieurs dizaines de pays alliés.
La saisie opérée par Damas illustre la nouvelle dynamique sécuritaire syrienne : le gouvernement d'al-Charaa, qui a renversé Assad en décembre 2024, ne tolère pas sur son territoire les corridors d'armement qui alimentaient autrefois le Hezbollah avec la bénédiction du régime précédent. La frontière avec l'Irak, longtemps poreuse, est désormais un point de friction entre les nouvelles autorités syriennes et les réseaux pro-iraniens.


