
Signature à Washington des « Accords d'Isaac » entre Israël et plusieurs pays d'Amérique du Sud
Signature à Washington d'une déclaration d'intention pour créer le Fonds des accords d'Isaac. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le président de la Banque interaméricaine de développement (BID) Ilan Goldfain ont formalisé lundi cette initiative stratégique visant à établir des ponts économiques entre Israël et l'Amérique latine. Ce fonds opérera dans le cadre des activités de la BID et constituera un vecteur nouveau de coopération régionale.
Le Fonds des accords d'Isaac prolonge la vision initiée par le président argentin Javier Milei, lui-même lauréat du Genesis Prize 2025. Modelé sur le succès des Accords d'Abraham, qui ont normalisé les relations entre Israël et quatre États arabes, ce partenariat transpose aux Amériques une logique de normalisation diplomatique et d'intégration économique. L'initiative, portée par la Genesis Prize Foundation, vise à approfondir des liens politiques, économiques et technologiques entre Israël et les nations latino-américaines et caribéennes.
Qu'est-ce que le Fonds des accords d'Isaac et comment fonctionne-t-il ?
Le fonds comprend trois piliers distincts destinés à mobiliser financement public et privé. Une première composante offre assistance technique, études de faisabilité et renforcement des capacités. Une deuxième structure le financement mixte (blended finance), soutenant les opérations d'IDB Invest à conditions préférentielles. Une troisième structure la mobilisation de capitaux privés que soutient le gouvernement israélien. Ensemble, ces mécanismes ouvrent la voie aux entreprises israéliennes vers les marchés émergents d'Amérique latine.
Selon Smotrich, « le Fonds des accords d'Isaac est une expression concrète d'une vision politico-économique innovante, née de l'initiative du président argentin Javier Milei, et nous avons maintenant franchi une étape importante vers sa réalisation. Le fonds que nous avons créé reliera l'innovation israélienne et les capacités financières de l'État d'Israël à la profondeur professionnelle de la Banque interaméricaine de développement, et permettra d'apporter des solutions israéliennes dans les domaines de l'eau, de l'énergie, de l'agriculture, de la sécurité alimentaire et de la technologie aux pays d'Amérique latine et des Caraïbes ». Le ministre y voit une étape dans le renforcement de la position d'Israël comme acteur du développement international.
En quoi ce partenariat modifie-t-il les équilibres stratégiques régionaux d'Israël ?
Le fonds positionne Israël au centre d'une architecture de coopération latino-américaine inédite. Ilan Goldfain, président de la BID, souligne que le partenariat crée une opportunité majeure pour l'Amérique latine et Israël : un continent de 660 millions d'habitants, jeunes, avec un PIB de plus de 6,6 trillions de dollars, une stabilité relative et une intégration croissante dans les chaînes de valeur.
Goldfain ajoute : « Ce partenariat est une grande opportunité pour l'Amérique latine et pour Israël. Imaginez un continent de plus de 660 millions d'habitants, jeunes, dynamiques, avec un produit intérieur brut de plus de 6,6 trillions de dollars, une stabilité politique relative et une intégration croissante dans les chaînes de valeur mondiales. Plus les partenariats d'Israël seront forts et prospères, plus Israël sera forte et prospère. »
La Genesis Prize Foundation, dont Javier Milei est le lauréat 2025, a mobilisé depuis 2025 ses réseaux via son bras American Friends of Isaac Accords (AFOIA). Cette organisation a déployé des initiatives concrètes : signature d'une Déclaration des principes partagés avec environ un tiers de la législature brésilienne, lancement de bureaux d'innovation à Jérusalem en partenariat avec l'Équateur et le Costa Rica, formation de journalistes et de leaders étudiants, entraînement de 200 professionnels de la santé en soins de masse en Costa Rica. L'American Jewish Committee (AJC) a également endossé cette trajectoire, notamment par la Déclaration de Santiago (2023) et la Déclaration de Madrid (2025), appelant les gouvernements latino-américains à renforcer les relations avec Israël.
Quels pays et secteurs sont au cœur du Fonds des accords d'Isaac ?
Huit pays ont participé à la signature lundi à Washington : l'Argentine, le Honduras, le Chili, le Paraguay, le Panama, l'Équateur, la République dominicaine et le Salvador. L'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, et l'ambassadeur d'Argentine, Alejandro Oxenford, ont supervisé la cérémonie. Le fonds cible des secteurs clés : eau, énergie, agriculture, sécurité alimentaire, systèmes numériques et technologie.
Ces domaines correspondent aux avantages comparatifs israéliens : expertise agricole, dessalement, innovation énergétique, cybersécurité. Dr Samuel Abramzon, économiste en chef du ministère des Finances, précise : « Le partenariat d'Israël avec la Banque interaméricaine de développement nous permet de connecter savoir, innovation et financement pour répondre aux besoins de développement de l'Amérique latine et des Caraïbes. La création du Fonds des accords d'Isaac permettra d'améliorer la coopération entre Israël et les pays de la région, en tirant parti des capacités et des forces des secteurs public et privé en Israël et dans le monde. »
Selon l'American Jewish Committee, le Costa Rica et le Panama constituaient les foyers initiaux de cette coopération, en tant que démocraties influentes mondialement aux communautés juives dynamiques. El Al, compagnie nationale aérienne israélienne, a annoncé en avril 2026 que des vols directs entre Tel Aviv et Buenos Aires débuteraient en novembre 2026, soulignant la consolidation des liens pratiques entre Israël et l'Amérique latine.


