
Quand Alma Dufour réédite les Protocoles des Sages de Sion
« Le Quai d'Orsay est largement travaillé par le sionisme. » : Alma Dufour, 06 mai 2026.
Une critique de politique étrangère ou l'accusation que les Juifs ont infiltré l'État Français ? Le mot « travaillé » est choisi. Pas influencé, pas favorable, pas orienté. Travaillé : tel un corps étranger qui mine l'institution de l'intérieur, une main invisible qui subvertit la diplomatie française sans que personne ne puisse avoir le recul de le voir.
Il est connu, la politique étrangère de la France est historiquement « travaillée par le sionisme ». Comme en témoignent ses actions en 1840, lorsque le consul français de Damas répand les accusations de meurtre rituel contre les Juifs de la ville. Ou en 1946, lorsque le Grand Mufti de Jérusalem, collaborateur d'Hitler, s'évade depuis la France avec la complicité des autorités françaises. Ou en 1973, pendant la guerre du Kippour, quand Paris ferme son espace aérien au pont aérien américain vers Israël. Paul Cambon, l'un des diplomates les plus influents de l'histoire du Quai d'Orsay, résumait la philosophie de la maison : « le Juif est un traître par définition. » Voilà ce fameux Quai d'Orsay, historiquement « travaillé par le sionisme. »
Et si l'on doute encore : depuis le 7 octobre 2023, Emmanuel Macron puis Jean-Noël Barrot, Ministre des Affaires Étrangères encore en fonction, s’évertuent à multiplier les critiques et les mises à distance de l’État hébreu. Pendant que les otages israéliens continuaient d’agoniser dans les tunnels de Gaza, la France initiait une reconnaissance d’un État palestinien à l’ONU, invitant les autres à faire de même. Cette diplomatie-là, encore et toujours « travaillée par le sionisme ».
Si aucune concession ne suffit, c'est que « sionisme » ne désigne pas une politique. Une politique se mesure, se critique, se change. Mais quand une institution qui reconnaît l’« État » de Palestine reste infiltrée par l'ennemi, on ne parle plus d'orientation diplomatique. On parle d'une présence. Un corps étranger que rien ne peut totalement extirper. À ce stade, « sionisme » ne désigne plus un projet ; il désigne un peuple.
Dufour a aussi annoncé des comptes à rendre. Elle affirme que ces choix pourraient « engager des responsabilités futures », que la France a « failli » et « déshonoré ». La formule est précise : elle suppose des coupables identifiés. Dans un discours ordinaire, il s’agit de rhétorique politique. Dans un discours qui accuse l'État d'être infiltré par les Juifs (comprendre les « sionistes »), il s’agit d’une désignation. Et l’Histoire nous a appris où mènent les désignations.
La France a reconnu un État palestinien pendant que les otages israéliens agonisaient dans les tunnels de Gaza. Mais cela ne suffit pas. Parce que ce que dénonce Alma Dufour n'est pas une orientation diplomatique : c’est une origine. Et depuis 1903, ce fantasme a un nom : les Juifs infiltrent l'État, les Juifs corrompent les institutions, les Juifs rendent des comptes. Il s'appelle les Protocoles des Sages de Sion.
Ce mercredi 6 mai 2026, Alma Dufour et la France Insoumise viennent de le rééditer. En 280 caractères.


