
Netanyahou aurait menacé en privé de prison les ultra-orthodoxes réfractaires à la conscription
Benyamin Netanyahou a déclaré en privé que les ultra-orthodoxes qui refusent de servir dans l'armée devront « s'enrôler ou aller en prison », selon un rapport de KAN diffusé dimanche. La formule tranche avec la position officielle du Premier ministre, qui avait rejoint la Knesset pour soutenir une loi gelant les arrestations de réfractaires ultra-orthodoxes, adoptée le mois dernier.
Selon le Jerusalem Post, Netanyahou aurait confié lors d'une réunion interne que cette législation était un échec et qu'elle serait abandonnée dans le prochain gouvernement. Il l'a présentée comme une mesure temporaire, destinée à « baisser la tension et augmenter le nombre de recrues dans la communauté ultra-orthodoxe ».
Après les prochaines élections, le Premier ministre dit vouloir former « un large gouvernement national » capable d'adopter « une loi de conscription complète répondant aux besoins de Tsahal », d'après un rapport séparé de N12. Cette perspective heurte directement les partis ultra-orthodoxes, piliers de sa coalition actuelle, qui font pression depuis le début de la législature pour bloquer toute hausse du taux d'enrôlement des ultra-orthodoxes.
Le double langage présumé de Netanyahou place sa majorité dans une situation délicate. En public, il a voté avec ses alliés ultra-orthodoxes. En privé, il qualifie leur loi d'échec et promet de la supprimer. Les partis ultra-orthodoxes ont, de leur côté, continûment poussé la coalition à adopter des textes ne contraignant pas leur communauté au service militaire.
Le ministre de la Défense Israël Katz s'était rendu en personne à la Knesset pour voter en faveur du gel des arrestations lors des lectures finales du texte. Netanyahou avait également fait son entrée dans l'hémicycle avant le vote, semblant ainsi appuyer la mesure.


