
Les funérailles d'Ali Khamenei débutent en Iran sous des slogans hostiles à Israël et Trump
Une mise en scène du « nous résistons »
Khamenei a été éliminé le 28 février 2026 lors des frappes américano-israéliennes de l'opération Epic Fury. 4 mois se sont écoulés avant que Téhéran organise ces obsèques, présentées par les médias iraniens comme les plus grandes funérailles d'État de l'histoire de la République islamique. Les autorités iraniennes annoncent entre 15 et 20 millions de participants, ainsi que des représentants de 30 pays.
Le symbole central du deuil officiel est un poing rouge serré, visible sur des bannières et dans une gigantesque statue érigée sur la place de la Révolution à Téhéran. Le slogan qui l'accompagne, « Nous devons nous lever », est affiché en arabe, en anglais et en farsi. Un chauffeur de taxi interrogé par l'AP a résumé l'état d'esprit promu par le régime : « Le poing du guide est le signe que tous nos poings sont serrés et qu'ils seront détruits avec ces poings, si Dieu le veut. Nous continuerons de scander mort à l'Amérique et mort à Israël avec ce même poing serré. »
Le cercueil de Khamenei a été recouvert d'un drapeau rouge à calligraphie blanche portant l'inscription « Ya Hussein », symbole chiite du martyre et, selon NPR, « appel à la vengeance ». Le régime présente son guide comme un martyr éliminé en résistant à l'Occident, en convoquant explicitement la figure de l'imam Hussein. Un de ses derniers discours, le 17 février, établissait lui-même ce parallèle : « Quelqu'un comme moi ne prête pas allégeance à quelqu'un comme Yazid. » La mise en scène funèbre prolonge ce registre.
La pause diplomatique, entre trêve et pression
Trump a publié sa propre lecture de la séquence : « Nous avons démantelé l'Iran. Nous leur avons donné une semaine de répit à cause des funérailles, parce que nous sommes gentils. » La formule, tranchante, résume la position américaine : la pause des négociations entre Washington et Téhéran, confirmée par des médiateurs qatariens et pakistanais, est présentée comme une concession unilatérale, non comme une nécessité subie.
Côté iranien, le commandant Ali Abdollahi, chef du quartier général Khatam al-Anbiya, a prévenu les États-Unis et Israël « d'éviter tout calcul erroné et de réfléchir aux représailles sévères » qu'entraînerait toute agression. L'armée américaine, de son côté, a annoncé qu'une deuxième unité de Marines, comptant habituellement plus de 2 000 hommes, opère désormais au Moyen-Orient, selon CNN. Les négociateurs iraniens ont quitté Doha et les discussions reprendront « dans les meilleurs délais » après les cérémonies.
La pause n'est donc pas une désescalade. Pour Tomorrow's Affairs, les funérailles constituent « le dernier grand acte avant que le nouveau gouvernement retourne aux négociations avec Washington », une fenêtre utilisée pour consolider la posture interne avant de reprendre les discussions sur Ormuz, le dossier nucléaire et les sanctions.
Ce que la cérémonie révèle du nouveau pouvoir iranien
Mojtaba Khamenei, désigné nouveau guide suprême en mars après avoir été blessé dans les frappes du 28 février, n'assistera pas aux funérailles de son père, pour des raisons de sécurité selon le gouvernement iranien. Sa disparition de l'espace public depuis le début de la guerre soulève des questions sur sa capacité réelle à diriger, selon NBC News.
C'est précisément dans ce vide que la cérémonie prend tout son sens politique. Pour Tomorrow's Affairs, « l'autorité formelle repose sur Mojtaba Khamenei, mais la stabilité du nouvel ordre dépend du cercle intérieur autour du bureau du guide, du Conseil suprême de sécurité nationale et du commandement supérieur des Gardiens de la Révolution ». La participation de masse attendue vise à démontrer que le nouveau guide est capable de maintenir l'unité que son père avait bâtie.
Foreign Policy rapportait fin juin que l'équilibre du pouvoir institutionnel s'est déplacé de façon décisive vers les Gardiens de la Révolution depuis l'élimination d'Ali Khamenei. Le général Ahmad Vahidi est apparu publiquement pour la première fois en plusieurs mois lors des préparatifs funèbres, marquant son retour alors que l'absence de Mojtaba Khamenei des événements publics se prolonge.


