La confrontation militaire entre les États-Unis et l'Iran a franchi un nouveau seuil mardi 2 septembre : Washington a frappé deux pétroliers gouvernementaux iraniens dans le détroit d'Ormuz, inaugurant une politique dite « tanker for tanker » approuvée par le président Donald Trump. C'est la première fois que l'armée américaine cible directement des navires iraniens en représailles aux attaques contre la navigation commerciale, plutôt que de se limiter à empêcher les violations du blocus naval américain.
L'opération a mobilisé environ 100 cibles au total, selon des responsables américains cités par Axios : bases des Gardiens de la Révolution, défenses antiaériennes, plateformes de missiles et capacités de pose de mines aux abords du détroit. Les deux pétroliers, ancrés au nord de la ligne de blocus, ont été touchés à leurs salles des machines par des drones armés.
L'Iran a répliqué en lançant des missiles balistiques contre des bases américaines en Jordanie. L'armée jordanienne a abattu 10 missiles ; trois ont atterri en zone non peuplée. Téhéran a également étendu ses tirs à des positions américaines au Koweït, à Bahreïn et en Irak.
Les médias d'État iraniens ont signalé une frappe sur une cérémonie de mariage dans la ville de Kuhestak (sud de l'Iran), faisant au moins 4 morts et 68 blessés. Le porte-parole de CENTCOM, le capitaine Tim Hawkins, a répondu : « Nous avons connaissance de ces informations, qui émanent des médias d'État iraniens. L'armée américaine ne cible jamais des civils, contrairement aux Gardiens de la Révolution. »
Un responsable américain a estimé que les frappes ont « gagné au moins un mois » de réduction des menaces pour les navires commerciaux. 40 navires ont transité dans le détroit mardi.