
Le Qatar engage une médiation pour la crise Israël-Liban
Le Qatar intensifie ses efforts diplomatiques pour désamorcer la crise entre Israël et le Liban, tandis que l'escalade militaire s'accélère et que les acteurs régionaux posent des conditions strictes à toute négociation.
Le président libanais Joseph Aoun a eu un entretien téléphonique avec l'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani. Doha a souligné son intention d'aider à arrêter la montée des tensions militaires au Liban, selon un communiqué du bureau présidentiel libanais. Cette démarche intervient alors que les frappes aériennes israéliennes continuent de s'intensifier contre les positions du Hezbollah.
Le bilan des attaques d'hier est lourd : 4 soldats de l'armée libanaise ont été tués. Des cibles stratégiques du Hezbollah ont été visées, notamment près du pont Khreib dans le sud du Liban. Une figure clé de l'organisation, Naïm Qassem, présenté comme la main droite et garde du corps du chef du Hezbollah, a également été éliminé lors de ces opérations. Le village de Kifoun, au sud de Beyrouth, et Sour al-Gharbiya, dans le sud, ont aussi subi des bombardements.
Cependant, les appels au cessez-le-feu butent contre les positions tranchées des puissances régionales. L'Iran, qui soutient le Hezbollah, conditionne sa participation aux pourparlers prévus au Pakistan à l'arrêt immédiat des attaques israéliennes au Liban. « La délégation iranienne ne se rendra à ces négociations que si Israël cesse les attaques », a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères.
Le Yémen constitue un front supplémentaire. Les Houthis, alliés du Hezbollah, menacent de riposter à « l'escalade israélo-américaine ». Hizam al-Asad, haut responsable houthi, a promis que cette escalade « ne restera pas sans réponse ».
L'Union européenne appelle au désarmement du Hezbollah. Kaia Kallas, ministre des Affaires étrangères de l'UE, a estimé que le Hezbollah « a entraîné le Liban dans la guerre » et a critiqué l'ampleur de la riposte israélienne, même si elle reconnaît le droit à la légitime défense.
La médiation qatarie fait face à un panorama complexe : une escalade militaire continue, des conditions préalables incompatibles, et l'implication croissante des acteurs régionaux. Le chemin diplomatique reste étroit.


