
Le nouveau Guide iranien Mojtaba Khamenei exige « la vengeance » dans un message écrit
Mojtaba Khamenei, Guide suprême de la République islamique depuis le 11 mars 2026, a publié samedi un message écrit réclamant la vengeance pour la mort de son père et des victimes des « deux dernières guerres », sans paraître une seule fois en public lors des funérailles d'Ali Khamenei, conclues le 9 juillet à Mashhad.
Mojtaba Khamenei aurait déclaré dans un message écrit que venger son père était « la demande de la nation » et « doit certainement avoir lieu ». Diffusé à l'occasion des cérémonies funèbres, ce message constitue sa prise de position la plus explicite depuis sa nomination.
Mais sa voix n'a pas résonné en public. Le NIAC rapporte qu'il n'a effectué aucune apparition confirmée lors des cérémonies de Téhéran, Qom, Najaf, Karbala ou Mashhad. C'est son frère aîné, Mostafa Khamenei, qui a dirigé la prière finale sur le cercueil de leur père. Deux raisons sont avancées, des blessures subies lors de l'attaque du 28 février et le risque d'assassinat, mais aucune explication officielle n'a été fournie.
Le South China Morning Post soulève une troisième hypothèse : Mojtaba pourrait exercer une fonction « très différente » de celle de son père « tout-puissant », moins incarnée, plus institutionnalisée. Son absence réitérée tend à confirmer cette lecture.
Depuis sa nomination par l'Assemblée des experts, 10 jours après la mort d'Ali Khamenei, Mojtaba Khamenei a diffusé environ 20 messages écrits. Selon Iran International, ces messages « n'ont pas convaincu beaucoup d'Iraniens qu'il exerce réellement le pouvoir ». Les efforts pour attester sa présence ont souvent été contradictoires, approfondissant l'incertitude plutôt que de la résoudre.
Un responsable aux affaires exécutives Mohammad-Jafar Ghaempanah a estimé, rapporte Iran International, que les positions du Guide suprême Mojtaba Khamenei étaient « soumises à une révision institutionnelle » plutôt qu'appliquées automatiquement. En régime théocratique, cette formulation représente une rupture notable avec l'autorité sans partage de son père.
Selon des analystes cités par CNN, l'IRGC et les centres de pouvoir durs ont soutenu Mojtaba comme candidat de continuité durant une période d'instabilité. Ce soutien lui a permis d'accéder au poste. Mais le NIAC note que son absence prolongée laisse ouverte la question de l'équilibre réel entre le bureau du Guide, l'IRGC, l'établissement clérical et les institutions élues, autant de pôles que son père contenait par son autorité personnelle.
Le New York Times rappelle que Donald Trump a parfois qualifié Mojtaba de dirigeant « plus raisonnable » que son père, estimant que les nouveaux dirigeants iraniens ouvriraient le détroit d'Ormuz et dilueraient le programme nucléaire « parce que ce sera dans leur intérêt économique ». Le vice-président JD Vance avait tenu le même discours lors de la signature du mémorandum d'entente en Suisse.


