
Le chef du Mossad s'est entretenu avec le ministre syrien des Affaires étrangères
Le chef du Mossad, David Barnea, et le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, ont tenu dimanche une réunion de haut niveau pour tenter de désamorcer les tensions entre les deux pays. Une source proche du dossier a indiqué au Jerusalem Post que la rencontre « s'est bien déroulée ».
La réunion intervient quelques jours après une frappe israélienne sur la base aérienne militaire d'Abu al-Duhur, en Syrie. Deux sources ont confirmé au Jerusalem Post que cette frappe visait à empêcher le déploiement d'un radar turc et d'un système de défense aérienne sur le site.
Al-Shaibani avait, la veille de la réunion, envoyé un signal ambigu à Reuters. « Nous estimons qu'il devrait y avoir un contact, surtout avec une partie qui menace constamment la sécurité de la Syrie. Mais si ce contact ne donne pas de résultats, nous n'en avons pas besoin », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous ne faisons pas confiance à Israël actuellement. » Il avait toutefois appelé Israël à saisir une « opportunité historique » pour la diplomatie.
Derrière cette séquence se dessine une bataille stratégique plus large. La Turquie s'est imposée comme l'un des principaux soutiens du nouveau régime de Damas, en participant à la formation de l'armée syrienne, à la reconstruction des institutions et au développement des infrastructures. Israël craint qu'une présence turque ne se transforme progressivement en déploiement militaire permanent, rééquilibrant le rapport de forces en Syrie.
L'enjeu dépasse la frontière syrienne. Des systèmes de radar ou de défense aérienne turcs ou russes installés en Syrie pourraient réduire la liberté d'action de l'armée de l'air israélienne dans l'espace aérien syrien, un couloir stratégique pour les opérations contre l'Iran. Des évaluations israéliennes estiment par ailleurs qu'une implantation militaire turque durable en Syrie n'est qu'« une question de temps ».
La frappe sur Abu al-Duhur a également alimenté une dispute entre Israël et Tom Barrack, l'envoyé spécial de Donald Trump en Syrie. Le ministre des Affaires étrangères israélien Gideon Sa'ar a critiqué les déclarations de Barrack, les qualifiant de « pleines d'inexactitudes » et affirmant qu'elles « contredisent la position de Trump lui-même concernant le plateau du Golan ».

