
Le cabinet de Netanyahou accuse la Syrie de vouloir violer un accord de sécurité
Le bureau du Premier ministre israélien a officiellement revendiqué mercredi les frappes contre la base aérienne d'Abu al-Duhur, dans la province syrienne d'Idlib, révélant l'existence d'un accord de statu quo sécuritaire entre Jérusalem et Damas que la Syrie s'apprêtait à rompre.
Dans un communiqué publié en anglais sur X mardi soir, le bureau de Benyamin Netanyahou a affirmé que Damas était sur le point de violer cet accord en autorisant des forces turques à se déployer sur la base, située à environ 70 kilomètres de la frontière turque. « Israël et la Syrie ont convenu d'un statu quo en matière de sécurité, que la Syrie s'apprêtait à rompre en permettant aux forces turques de se déployer sur une base aérienne proche d'Alep. Israël a averti la Syrie à maintes reprises qu'un tel déploiement constituerait une menace pour sa sécurité. La Syrie a choisi d'ignorer ces avertissements. Israël ne tolérera pas les menaces contre sa sécurité, et se féliciterait d'un retour au statu quo », indique le communiqué.
Selon un haut responsable israélien, la frappe visait précisément à empêcher l'implantation militaire turque sur le site. La Syrie a indiqué qu'Israël a conduit 8 frappes sur la piste et les installations de stockage de la base. Un haut responsable turc a nié toute présence turque sur place, affirmant qu'« Israël invente des prétextes pour bombarder des pays voisins et déstabiliser la région ». La présidence turque a qualifié d'« intenables » les affirmations du bureau de Netanyahou, les présentant comme une tentative de légitimer des frappes illicites contre la souveraineté syrienne.
Washington a affiché son mécontentement. L'envoyé spécial américain Tom Barrack a qualifié les frappes d'« escalade inutile qui ne favorise pas la stabilité régionale », précisant que la Turquie n'avait pas été prévenue à l'avance. Il a toutefois relevé l'absence de victimes : « Les événements d'hier étaient graves et préoccupants. Nous sommes soulagés qu'aucune vie humaine n'ait été perdue et que la situation ne se soit pas aggravée. »
Barrack a par ailleurs annoncé des discussions en cours pour relancer une cellule de déconfliction entre Israël et la Syrie, à laquelle la Turquie pourrait être associée directement ou indirectement.

