
La Cour suprême israélienne suspend la loi exemptant d'arrestation les déserteurs ultra-orthodoxes
La Cour suprême israélienne a gelé mercredi la loi adoptée par la Knesset qui protégeait les ultra-orthodoxes exemptés de service militaire contre toute arrestation, provoquant une réaction immédiate et virulente des partis religieux de la coalition.
Aryeh Deri, chef du parti Shas, a dénoncé une ingérence judiciaire sans précédent. « La rapidité avec laquelle la Haute Cour a émis une injonction temporaire contre une loi adoptée par une majorité à la Knesset, sans aucune autorité pour ce faire, est une nouvelle expression d'un activisme judiciaire déchaîné », a-t-il déclaré selon Ynet. Il a également accusé les juges d'« approfondir le chaos » et affirmé que la loi visait à prévenir de nouvelles divisions sociales, tout en laissant du temps pour des accords politiques plus larges. Sur les réseaux sociaux, Deri est allé plus loin, qualifiant la Cour suprême d'« instrument politique des partis de gauche ».
Meir Porush, député du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah (UTJ), a lui aussi contesté la décision, affirmant que « tout policier ou soldat qui arrête des étudiants en Torah viole la loi ».
Les tensions au sein même du camp ultra-orthodoxe ont aussi éclaté au grand jour. Agudat Yisrael, la faction hassidique d'UTJ, a mis en cause Deri directement, estimant qu'il avait porté une législation vouée à être annulée par les juges.
Du côté des requérants qui avaient saisi la Cour, la décision a été saluée. La députée Sharren Haskel a pris la parole devant les journalistes : « Je me tiens devant vous le cœur lourd parce que la loi exemptant les insoumis a été adoptée par la Knesset. Elle nuit à ceux qui servent et à la sécurité d'Israël. Elle nuit aux jeunes hommes et femmes qui servent l'État pendant trois ans et ont payé un lourd tribut. Je ne peux plus rester les bras croisés. »


