
Israël a gagné la guerre. Trump vient d’en signer la défaite.
Il avait promis la fin d'une civilisation. Il vient d’en signer la renaissance. Il avait promis de « décimer l'Iran en une nuit ». Il signe 300 milliards de dollars pour le « reconstruire ». Il avait promis que Fordo était « complètement et totalement détruit ». Il accepte que l'uranium iranien tourne encore, dilué sur son sol, pour vingt ans. Il avait promis de rouvrir le détroit d'Ormuz. Il le rouvre à l'Iran, qui en gardera les clés et en percevra le péage. Il avait promis la pression maximale jusqu'à l'effondrement du régime. Il débloque 24 milliards d'avoirs gelés et lève les sanctions sur le pétrole des ayatollahs. Il avait promis qu'il ne serait jamais Obama. Le 14 juin 2026, Donald Trump vient de signer l'accord d'Obama, déclarant devant le monde entier : « Nous nous sommes très bien entendus avec l'Iran. »
Voilà l'homme qui, en 2018, déchirait l'accord nucléaire en le traitant de « pire accord de l'histoire ». Voilà celui qui reprochait à son prédécesseur d'avoir financé le terrorisme par des palettes de billets livrées de nuit. Huit ans plus tard, il fait pire : il paie le même régime, après une guerre, en appelant cela la « paix ». Obama achetait un délai. Trump, lui, achète une défaite.
En Israël, la sentence est tombée en quelques heures : « Il nous a vendus pour du pétrole. Au début on lui faisait confiance, aujourd'hui il n'y a plus aucune différence entre lui et Obama. » Cette phrase, elle ne sort pas de la bouche de ses adversaires. Elle sort de la bouche de ceux qui l'aimaient, de ceux qui avaient cru, depuis le 28 février 2026 et l'entrée en guerre de l'Amérique aux côtés d'Israël, qu'un président tenait enfin parole.
Ne nous y trompons pas sur ce qui a été vaincu, et par qui. Tsahal a brisé la République Islamique d’Iran. Tsahal a anéanti sa marine, son aviation, ses scientifiques, ses généraux, ses relais au Liban, en Irak, à Gaza, au Yémen. La victoire militaire est réelle, totale, écrite dans le ciel de Téhéran. Ce qui a été perdu ne s'est pas perdu sur le champ de bataille. Cela s'est perdu sur une table, à Genève.
Au même instant, à Jérusalem, un autre homme tenait un autre langage. À la question « Pouvez-vous dire non à un président américain ? », Netanyahou répondait : « Lui est responsable des intérêts de l'Amérique. Moi, je suis responsable des intérêts d'Israël. » Une phrase d'apparence diplomatique. En vérité, un acte de divorce. La traduction polie de : nous ne signerons pas votre accord, et nous ne sommes liés par aucune de ses lignes.
Trump voulait son prix Nobel. Il n'a même pas eu la photo. L’accord avec le régime terroriste qui appelle chaque vendredi à la destruction du seul État Juif au monde s’est offert le luxe de le la lui refuser. L'accord du 14 juin 2026 porte deux signatures : celle de Washington et celle de Téhéran. Celle d’Israël n'y figure pas. Et c'est, de très loin, la meilleure nouvelle de cette journée.
Car le peuple d’Israël a appris, au prix du sang, une chose que ni Genève ni Washington ne lui enseignera jamais : une signature étrangère ne l’a jamais protégé. Seuls ses avions le font. « Avec ou sans accord, l'Iran ne possédera jamais l'arme nucléaire. » Cette phrase-là ne se négocie pas. Elle s'exécute.

